Ce jour où j’ai compris que vouloir tout faire entre sarlat et rocamadour en deux jours, c’était un gâchis à 180 €

juin 9, 2026

Entre Sarlat et Rocamadour, le frein a grincé quand je suis entrée au parking, et la file de voitures bouchait déjà la pente. J’avais 180 € qui allaient partir avant même le premier pas. Le parking était presque plein. La descente vers le village me paraissait interminable, et j’ai eu cette sensation sèche de manque d’air. Depuis du côté de Caen, je suis partie deux jours en Périgord et dans le Lot pour un programme trop chargé.

Je me suis plantée en voulant caser Sarlat, Rocamadour et une halte en deux jours

J’avais préparé ce week-end avec mon compagnon, sans enfants, et j’étais sûre de moi. On vit à deux, mon compagnon et moi, et je pensais tenir un rythme serré sans perdre de temps. En tant que rédactrice culinaire indépendante pour un magazine gastronomique régional, j’ai l’habitude d’organiser des idées claires sur la page. Là, j’ai sous-estimé le terrain, les détours et la fatigue qui grimpe dès qu’un trajet paraît simple sur une carte.

Le programme incluait Sarlat, Rocamadour et une visite intermédiaire dans la même journée. J’ai voulu enchaîner, puis je suis partie trop tard, avec l’idée qu’une route courte resterait une route courte. Entre les parkings payants, les demi-tours et les 3 kilomètres qui s’ajoutent sans prévenir, j’ai déjà perdu 47 minutes avant même de marcher dans une ruelle. J’ai été convaincue que ça passerait quand même, et c’est là que j’ai commencé à courir après l’horloge.

À Rocamadour, le piège m’a sauté au visage. Les voitures tournaient pour chercher une place, les gens marchaient déjà loin avant d’atteindre le cœur du site, et moi je regardais la file grossir sans pouvoir avancer. Le village accroché à la falaise m’impressionnait, mais le vrai choc, c’était l’accès. J’ai dû gérer encore la marche, puis les escaliers, avec cette impression absurde d’avoir payé pour me fatiguer avant de visiter.

En 12 minutes, je n’avais rien vu d’autre que des capots, des tickets, et des panneaux de stationnement. Puis il a fallu descendre, attendre, remonter du regard, et recommencer. Le temps perdu dans les transitions m’a mise à plat plus vite que je ne l’aurais cru. J’ai fini par comprendre, un peu tard, que je n’étais pas en train de visiter, mais de déplacer mon stress d’un point à un autre.

La révélation au parking de Rocamadour, le moment où j’ai compris que la journée dérapait

Face à cette longue file de voitures, sous un soleil écrasant, j’ai senti mon énergie s’évaporer avant même d’avoir posé le pied dans le village accroché à la falaise. La chaleur collait au pare-brise, les portières claquaient, et les gens gardaient le silence d’une attente déjà trop longue. J’ai été frappée par la fatigue qui montait d’un coup, comme si la pente m’avait déjà prise. Le paysage était magnifique, mais je ne regardais plus que les minutes qui s’échappaient.

Quand j’ai levé les yeux sur l’heure, j’ai compris que la visite allait être mangée par la course. Rien que le parking, le repas avalé trop vite et les entrées m’avaient déjà pris 120 € sur l’ensemble du budget du jour. J’avais beau me dire qu’on allait sauver la suite, le budget filait et le plaisir ne suivait plus. Je me suis retrouvée dans cette drôle de position, à la fois agacée et résignée, avec la sensation d’avoir déjà perdu la moitié de la journée.

Rocamadour ne se laisse pas improviser comme un bourg plat. La descente paraît simple depuis le haut, puis la remontée casse les jambes, surtout quand on a déjà roulé longtemps et qu’on a traîné au parking. Les escaliers ne pardonnent pas, et la navette, quand on l’envisage, demande encore de composer avec des horaires. J’ai compris ce jour-là qu’un aller-retour rapide n’existe pas vraiment ici, pas si l’on veut garder un peu d’air dans la tête.

J’ai continué quand même, en mode express, parce que j’avais déjà payé et que je n’aimais pas l’idée de renoncer. Mauvaise idée. Chaque pas avait le goût d’un rattrapage, et chaque pause ressemblait à une dette de temps. Je me suis sentie coincée dans un week-end que j’avais moi-même trop rempli, sans marge pour respirer.

La facture qui m’a fait mal : 180 € partis en fumée pour une visite bâclée

Les 180 € sont partis en trois blocs très concrets. J’ai laissé 18 € au stationnement, 56 € dans un déjeuner quelconque pris au premier endroit encore libre, puis 106 € dans des entrées et visites écourtées. Sur le papier, tout semblait justifié. Dans la vraie vie, j’ai eu la sensation de payer pour marcher vite, manger sans plaisir, puis repartir avant même d’avoir vraiment regardé.

J’ai perdu une bonne demi-journée dans les transitions, et ce n’est pas une image. Entre la route, le parking, les marches, l’attente et le retour à la voiture, 4 heures et 32 minutes se sont dissoutes sans laisser un vrai souvenir agréable. Le stress m’a coupé l’appétit, la chaleur m’a rendue sèche, et la fatigue a terni même les façades les plus belles. Ces 180 €, c’est comme si j’avais payé pour courir dans une cage, sans jamais pouvoir profiter vraiment de la beauté du Périgord et du Quercy.

Ce que j’aurais dû éviter, je le vois très bien maintenant. J’ai sous-estimé la topographie, j’ai voulu trop de sites, et j’ai ignoré le signal des parkings déjà saturés. J’ai aussi mal géré les repas, parce qu’aucun créneau n’avait été pensé pour s’asseoir vraiment. Sur mes 10 années de travail, je sais pourtant qu’un rythme mal posé finit toujours par casser l’ensemble, et mon métier de Rédactrice culinaire indépendante pour magazine gastronomique régional m’a appris à repérer ce genre de dérapage.

Ma Licence en Lettres modernes (Université de Caen, 2013) m’a appris à lire une chronologie comme une phrase. Là, la phrase était trop longue, trop lourde, et elle cassait au milieu. Je pense aussi au Cordon Bleu, parce que leurs repères sur le tempo m’ont toujours parlé, même loin d’une cuisine. Ce jour-là, la limite était claire, et je n’avais pas le bon rythme pour la tenir.

Je n’ai pas envie de faire comme si ça relevait d’une leçon générale. Je sais juste que, pour une gêne physique ou une fatigue qui persiste, je laisse la question à un médecin, parce que mes repères s’arrêtent là. Moi, je n’avais pas de problème médical, juste un programme bancal et un entêtement de trop. Et ça m’a suffi pour gâcher l’après-midi.

Ce que je sais maintenant et que j’aurais aimé savoir avant de partir

J’aurais aimé comprendre plus tôt qu’un seul grand lieu par demi-journée me laissait respirer. Une vraie pause entre deux visites changeait tout, et partir tôt m’évitait la montée de tension du milieu de matinée. Sarlat et Rocamadour ne se lisent pas comme des points sur une carte, mais comme des lieux où l’accès mange du temps. Quand je les ai empilés, j’ai perdu la saveur des deux.

Les signaux d’alerte étaient là, sous mon nez. Les voitures qui tournent pour une place, les parkings qui se remplissent vite, les groupes qui bloquent un passage, et l’heure qui file en silence. J’aurais aussi dû regarder les horaires exacts des lieux, parce que je me suis retrouvée à hésiter devant des créneaux déjà trop serrés. À partir du moment où la fatigue monte, tout paraît plus long.

  • la file de voitures avant l’entrée en centre-ville
  • les parkings déjà chargés quand j’arrivais en fin de matinée
  • les horaires qui fermaient plus tôt que ce que j’avais imaginé
  • la montée de fatigue dès les premiers escaliers de Rocamadour

J’aurais aussi dû consulter les sites officiels des offices de tourisme avant de partir, et lire deux ou trois avis récents, pas juste le programme que j’avais bricolé. Pour ce genre d’hésitation, je préfère rester prudente et renvoyer vers un spécialiste si une personne a un doute sur sa capacité physique ou sur son rythme de sortie. Moi, j’avais juste trop comprimé le trajet.

Pour quelqu’un qui accepte de choisir une seule visite principale par demi-journée et de laisser une vraie pause entre les deux, le séjour garde sa respiration. Moi, j’ai voulu tout faire tenir en deux jours, et j’ai vu le cadre se fissurer dès le parking. Les 180 € sont restés là, avec leur goût de précipitation et de ticket perdu. Si j’avais su, j’aurais gardé Sarlat et Rocamadour séparés, au lieu de les tasser dans une course qui m’a laissée vidée.

Maéva Dubuisson

Maéva Dubuisson publie sur le magazine La Guérinière des contenus consacrés à la cuisine du Périgord, aux recettes du quotidien et aux bases utiles pour cuisiner avec plus de clarté. Son approche éditoriale met l’accent sur la transmission, la simplicité des explications et des repères concrets pensés pour une pratique réelle.

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